Un rapport d'intervention de quatre pages, imprimé, posé sur un bureau. Il attend une signature depuis le 22 juillet. Tant qu'il n'est pas signé, la facture ne part pas, et tant que la facture ne part pas, les 14 200 euros de l'intervention n'existent nulle part ailleurs que dans la tête du chef d'équipe qui l'a réalisée.
L'entreprise est une PME de maintenance industrielle de la Loire, trente personnes, un peu moins de quatre millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle intervient chez des industriels, sur des machines de production, et son interlocuteur est un responsable maintenance qui doit signer le rapport avant que la facture soit recevable. Ce responsable est parti le 25 juillet. Il revient le 25 août. Nous n'avons pas construit le logiciel de cette entreprise et son dirigeant ne cherchait pas un devis, il cherchait à comprendre pourquoi son mois d'août ressemblait chaque année au même trou.
Le 1er septembre, il ouvre son relevé et cherche la mauvaise explication
Parce que la première explication qui vient est commerciale. Août est creux, les clients ne commandent pas, la France est en congés : on encaisse moins parce qu'on a moins vendu. Sauf que dans cette entreprise, le carnet de juillet et celui de juin se ressemblent à quelques milliers d'euros près. Les interventions ont eu lieu. Le travail est fait, les pièces sont posées, les techniciens ont été payés. Ce qui manque, ce n'est pas de la vente, c'est de la facture.
Le retard n'a pas commencé chez le client, il a commencé chez vous
Et pour le voir, il faut arrêter de regarder le délai d'encaissement comme un seul nombre. Les financiers l'appellent le DSO ; traduisez simplement par le nombre de jours moyen entre le moment où vous facturez et celui où l'argent arrive. Le défaut de cet indicateur, c'est qu'il commence à la facture. Il ne compte donc jamais ce qui se passe avant elle, et c'est justement là que le mois d'août fait son dégât.
Reprenez alors le trajet complet, depuis la fin de l'intervention jusqu'à l'argent sur le compte. Il se découpe en quatre segments, et vous ne tenez le stylo que sur les deux premiers.
Le segment que personne ne mesure : le délai d'émission
Ce premier segment porte un nom simple : le délai d'émission. C'est le nombre de jours entre le moment où la prestation est terminée et le moment où la facture part. Il n'apparaît sur aucun tableau de bord, et pour une raison mécanique : un outil de facturation ne connaît pas la date de fin de prestation. Il connaît la date de la facture, c'est-à-dire le jour où quelqu'un a fini par la saisir.
Or c'est ce délai, et lui seul, qui explique le trou d'août. Les trois autres segments ne bougent pas en été : le délai contractuel est écrit au contrat, le retard du client varie peu d'un mois sur l'autre, et la validation d'une facture correcte est une formalité une fois qu'elle est partie. Le seul qui gonfle est celui qui dépend d'une signature, d'un relevé d'heures ou d'un bon de livraison que quelqu'un doit rapporter, et ce quelqu'un est en congés.
| Segment | Ce qui l'allonge en août | Qui peut le raccourcir |
|---|---|---|
| Fin de prestation vers facture émise | Un rapport, un bon ou un relevé qui attend une signature | Vous, entièrement |
| Facture émise vers facture validée | Une mention manquante, un numéro de commande absent | Vous, en grande partie |
| Validation vers échéance | Rien, c'est écrit au contrat | Personne, avant la prochaine négociation |
| Échéance vers paiement | Un service comptable client en effectif réduit | Le client |
Le calcul, sur vos dix dernières factures
Il tient en quatre nombres, et vous les avez déjà tous les quatre.
- Sortez dix factures d'un mois normal, mai ou juin. Pour chacune, notez la date de fin réelle de la prestation : dernier bon d'intervention, dernier jour de chantier, dernière livraison. Faites la moyenne de l'écart avec la date de la facture. C'est votre délai d'émission de référence.
- Refaites exactement la même chose sur dix factures d'août.
- Divisez votre chiffre d'affaires mensuel moyen par trente. C'est ce que vous produisez chaque jour.
- Multipliez l'écart entre les deux délais par ce montant journalier.
Dans la PME de la Loire, ça donne ceci, hypothèses affichées. Chiffre d'affaires mensuel moyen : 300 000 euros, soit 10 000 euros par jour. Délai d'émission mesuré sur dix factures de juin : 11 jours. Sur dix factures d'août : 24 jours. L'écart fait 13 jours, donc 130 000 euros de travail réalisé, déjà payé en salaires et en pièces, et pas encore facturé.
Et voilà ce que le calendrier d'août a emporté : pas des ventes, des factures. Ces 130 000 euros sont entièrement à l'intérieur de la maison, bloqués derrière des signatures. Dans une entreprise de trente personnes, ils représentent un peu plus d'un mois de salaires chargés. Ce n'est pas une abstraction comptable, c'est le montant qui manque au moment de payer les congés, la TVA du trimestre et les fournisseurs de la rentrée.
Ce que ça coûte vraiment, et ce que ça ne coûte pas
Commençons par ce que ça ne coûte pas, parce que c'est là que la plupart des textes sur les retards de paiement se trompent. Si l'entreprise finance ces 130 000 euros au découvert pendant un mois, à 9 % l'an, elle paie environ 960 euros d'intérêts. Le chiffre est réel, il est mesurable, et il est faible. Le coût d'un retard n'est pas un coût financier.
Il est ailleurs, et il est double. D'abord le calendrier : ces 130 000 euros ne manquent pas n'importe quand, ils manquent en septembre, le mois où l'entreprise décaisse le plus. Ensuite le temps passé à réparer : relancer trente factures échues, dix minutes chacune, trois fois dans le mois, fait quinze heures à 45 euros de l'heure chargés, soit 675 euros par mois pour rattraper quelque chose qui n'aurait pas dû arriver. Et le montant n'est pas le pire : ces quinze heures sont prises sur la personne qui aurait dû préparer les factures de septembre, ce qui reporte le même retard sur le mois suivant.
C'est ce raisonnement que nous appliquons à tout chiffrage, et c'est pour ça qu'un outil se juge sur ce qu'il récupère plutôt que sur ce qu'il coûte : la méthode est détaillée sur notre page consacrée au prix d'un logiciel sur mesure.
Ce qui se corrige en amont, et ce qui ne se corrige pas
Reste qu'une partie de ce délai est légitime, et il faut le dire franchement. Sur les affaires à réception de travaux, sur les marchés facturés à l'avancement, sur tout ce qui suppose la validation d'un maître d'oeuvre, les onze jours du mois normal ne sont pas de la négligence : ce sont les règles du contrat. Sur ces affaires-là, il n'y a rien à gagner.
Le quatrième segment ne se corrige pas non plus par un logiciel. Un client qui paie systématiquement quinze jours après l'échéance ne changera pas parce que votre relance est mieux écrite : ça se traite en commercial, ou par les pénalités que la loi vous autorise à appliquer et que presque personne n'applique. Nous ne prétendons pas l'inverse.
Ce qui se corrige, c'est le reste, et le reste pèse la moitié du problème. Les signatures qu'on aurait pu obtenir avant le 14 juillet, en regardant simplement qui part et quand. Les rapports d'intervention restés sur papier alors qu'ils auraient pu être validés sur place, devant le client, le jour même. Les factures qu'on aurait pu émettre le 20 juillet plutôt que le 20 août, sur des prestations terminées depuis longtemps.
Ce qu'on fait, nous
Chez nous, ce problème n'est pas un module de relance posé à côté de la facturation, parce qu'un module de relance arrive toujours trop tard : il se déclenche à l'échéance, soit quarante-sept jours après le vrai départ du retard. On le traite un cran plus haut, dans le logiciel unique qui porte les interventions, les rapports, les validations et les factures au même endroit.
Concrètement, la clôture d'une intervention prépare la facture toute seule, parce que le logiciel connaît déjà l'affaire, le tarif et les pièces posées. Quand une signature manque, il sait qui doit signer, et il le relance avant la date de départ en congés qui figure dans le planning plutôt qu'après. Et l'IA livrée dedans relit les rapports et les bons, sort la facture chiffrée, signale ce qui bloque, puis s'arrête juste avant l'envoi, parce que c'est vous qui envoyez.
Cette IA ne vaut d'ailleurs pas grand-chose par elle-même : elle vaut ce qu'elle a le droit de voir. Les mêmes données au même endroit et à jour à la seconde, plutôt qu'un export du lundi. Vos objets qui portent vos noms et vos statuts, pour qu'elle n'ait pas à deviner ce que veut dire « intervention close » chez vous. Et de vraies tâches faites dans l'outil, pas un texte que quelqu'un recopiera ailleurs. Posée sur six abonnements qui ne se parlent pas, elle n'a aucune des trois. C'est tout l'intérêt d'un logiciel de gestion de trésorerie construit sur vos propres règles de facturation, et c'est aussi ce que nous livrons quand nous construisons un logiciel pour l'industrie taillé sur la manière de travailler de l'atelier.
Votre délai d'émission n'est qu'un poste parmi ceux que la mesure Marotine chiffre, sur vos pièces et vos propres nombres, en une heure. Elle vous dit ce que votre organisation actuelle laisse filer chaque mois, poste par poste.
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