Chez un négoce de pièces détachées agricoles, vingt-huit personnes, en Vendée, l'abonnement au logiciel qui gère les stocks se renouvelle chaque 1er octobre, pour douze mois de plus. Le contrat prévoit un préavis de résiliation de soixante jours : pour ne pas repartir pour un an, il fallait écrire avant le 2 août. La responsable des achats l'a découvert le 5 août, en cherchant l'e-mail qui devait annoncer la fin de l'engagement. Trois jours trop tard, et douze mois de plus à payer un outil qu'elle voulait déjà quitter. Cette entreprise n'était pas cliente chez nous et elle ne demandait pas de devis, elle essayait de comprendre pourquoi personne, chez elle, n'avait vu la date venir.
Le piège n'est pas le prix de sortir, c'est la date qu'on rate
En fait, un logiciel loué au mois, ce qu'on appelle un abonnement SaaS, reconduit le plus souvent son contrat tout seul : sauf lettre envoyée dans une fenêtre précise, il repart automatiquement pour une période entière. Cette fenêtre se compte en semaines, pas en jours, et elle se ferme bien avant la date de renouvellement elle-même. Le schéma suivant situe les trois repères à surveiller sur n'importe quel contrat de ce type.
Concrètement, entre la date limite de préavis et la date de renouvellement, il n'y a plus rien à décider : le contrat a déjà tranché tout seul. C'est cette fenêtre-là qu'il faut regarder dès maintenant, pas la veille de l'échéance. Et une fois qu'on l'a repérée, la vraie question change : non plus « est-ce qu'on veut partir », mais « qu'est-ce que ça coûte de rester encore un cycle, comparé à ce que ça coûte de sortir maintenant ».
Ce que coûte réellement rester
Rester ne coûte pas un abonnement, il coûte tout l'abonnement qui reste à courir. Si la fenêtre de préavis vient de se fermer, ce n'est pas un mois qui reste, c'est les douze mois du nouveau cycle en entier. Le calcul est direct : le coût mensuel de l'abonnement, multiplié par le nombre de mois restants sur l'engagement qui vient de repartir. Pour le négoce de pièces détachées, quatorze comptes utilisateurs à vingt-quatre euros par mois font trois cent trente-six euros par mois, soit quatre mille trente-deux euros pour les douze mois qu'elle vient malgré elle de signer une seconde fois.
Ce que coûte réellement sortir
| Sortir n'est pas gratuit non plus, et le sous-estimer serait aussi trompeur que de le surestimer par réflexe. Trois postes reviennent presque toujours, mesurés en jours de travail plutôt qu'en abonnement : reprendre les données existantes, paramétrer le nouvel outil sur la façon dont l'entreprise travaille vraiment, former les équipes qui vont l'utiliser tous les jours. À cela s'ajoute un mois de doublon assumé, le temps de vérifier que le nouvel outil tient la route avant de couper l'ancien. | Poste | Estimation |
|---|---|---|
| Coût | Reprise des données (export, nettoyage, import) | 5 jours-homme |
| 1 900 € | Paramétrage du nouvel outil | 4 jours-homme |
| 1 520 € | Formation des équipes | 2 jours-homme |
| 760 € | Un mois de doublon (ancien abonnement encore payé) | 1 mois |
| 336 € | Total | 11 jours-homme + 1 mois |
Une fois les deux chiffres posés, la comparaison tient en une division. Le seuil de bascule, en mois, c'est le coût de sortir divisé par le coût mensuel de l'abonnement : au-delà de ce nombre de mois, rester coûte plus cher que partir tout de suite. Pour le négoce de pièces détachées : quatre mille cinq cent seize euros divisés par trois cent trente-six euros, soit un peu plus de treize mois. Sur les douze mois du cycle qu'elle venait de rater, rester restait la solution la moins coûteuse, de peu. Mais si la même fenêtre lui échappe une seconde fois l'an prochain, ce sont vingt-quatre mois d'abonnement qu'elle aura payés, plus de huit mille euros, pour un départ qui lui en aurait coûté quatre mille cinq cents.
Voilà ce que la date ratée du 5 août a vraiment coûté : non pas l'impossibilité de partir, mais le droit de le faire au bon moment. Le calcul ne dit pas qu'il faut toujours sortir, il dit à partir de quand rester devient le choix le plus cher, et ça se recalcule à chaque échéance avec les chiffres du moment.
Rester peut être le bon calcul
La bascule n'est pas automatique dans l'autre sens non plus. Un outil utilisé par deux personnes, pour une tâche annexe, ne justifie pas onze jours de migration : le seuil de bascule grimpe très vite quand l'abonnement mensuel est petit. Et un projet de refonte plus large, déjà engagé pour dans six mois, rend souvent plus raisonnable de tenir un cycle de plus plutôt que de migrer deux fois. Le calcul sert à décider avec les vrais chiffres, pas à pousser une seule réponse. Un autre texte du blog, sur les équipes qui finissent par s'adapter au logiciel plutôt que l'inverse, raconte une autre facette du même choix : la facture n'est jamais la seule chose qui bouge.
Ce qu'on fait, nous
Le vrai problème, la plupart du temps, n'est pas ce contrat-là en particulier : c'est d'en avoir cinq ou six comme lui, chacun avec sa date, son préavis et son fournisseur, à surveiller en même temps sur des calendriers que personne ne tient vraiment. Remplacer ces abonnements dispersés par un seul logiciel sur mesure ne supprime pas la question du coût, mais elle la ramène à une seule échéance au lieu de plusieurs, avec un prix qui se calcule avant de signer plutôt qu'après. La méthode de chiffrage est la même que celle détaillée sur notre page de prix : on mesure d'abord ce que l'organisation actuelle laisse filer, poste par poste, avant de parler du prix qu'un outil unique vaut réellement pour elle.
Le calcul qui compte n'est pas celui d'un seul abonnement, c'est celui de tout ce que vos outils actuels vous coûtent ensemble. Mesurez-le avec Marotine.
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